Ses jambes perdaient leurs muscles. En trois séances d’hypnose humaniste, ce chirurgien de la colonne a retrouvé un souvenir oublié de ses 4 ans, et sa force.
Cas pratique
Un chirurgien de la colonne, des jambes qui perdaient leur force, et un souvenir de ses quatre ans
Un médecin spécialiste du dos. Des jambes qui fondaient.
Trois séances d'hypnose, et une scène oubliée depuis cinquante ans.
Lecture 9 minutes
Cet article s'adresse à vous si vous pensez que l'hypnose, c'est du spectacle, de la suggestion ou, au mieux, un effet placebo. Je ne vais pas essayer de vous convaincre avec des promesses. Je vais vous raconter une histoire vraie, celle d'un homme qui connaissait le corps humain bien mieux que moi.
Un homme qui connaissait le corps mieux que personne
Il est médecin. Plus précisément, chirurgien de la colonne vertébrale, reconnu dans son domaine. Les nerfs, les muscles, les vertèbres : c'est son métier, depuis des années.
C'est aussi un excellent sportif. Et c'est précisément là que tout a commencé à vaciller : les muscles de ses jambes s'atrophiaient. Ils fondaient, littéralement. Et avec eux, une peur s'était installée, celle de ne plus avoir la force de faire quoi que ce soit.

Cette séance remonte à quelques années. Je ne donnerai ni son nom, ni son pays, ni son hôpital, et certains détails de son histoire ont été modifiés pour qu'on ne puisse pas le reconnaître. Ce qu'il m'a confié lui appartient. L'essentiel, lui, est intact.
« Un spécialiste du corps qui vient voir une hypnothérapeute pour son corps. »
Je tiens à le préciser d'emblée : je ne suis pas médecin et je ne pose aucun diagnostic. Lui l'était. Il savait ce que la médecine pouvait lui dire. Il est venu chercher autre chose.
Trois séances d'une heure
Nous avons travaillé ensemble pendant trois séances d'une heure, en hypnose humaniste. Rien de spectaculaire : pas de pendule, pas de sommeil, pas de perte de contrôle. Il restait conscient, lucide, capable de parler et d'arrêter à tout moment.
En hypnose humaniste, je ne pars pas à la recherche d'un souvenir caché. Je ne décide pas à la place de la personne de ce que son symptôme « veut dire ». On part de ce qu'elle ressent, ici et maintenant, et on laisse venir ce qui vient.
Et au fil des séances, quelque chose est venu.
Un souvenir de ses quatre ans

Un fait qu'il avait complètement oublié. Il savait seulement qu'il avait quitté son pays natal tout petit, et qu'il avait été élevé loin de ses parents, par des membres éloignés de sa famille. De ce qui s'était passé avant, il ne restait rien.
En séance, il est revenu là-bas. Il a quatre ans, il joue dehors, près de la maison familiale. Quand il rentre, tout a basculé : un drame d'une grande violence vient de frapper sa famille, et le feu a pris.
Et il voit sa grand-mère. Celle qu'il adorait. Elle n'est pas morte. Elle rampe sur le ventre, les jambes dévorées par le feu.
En revoyant cette scène, cet homme de cinquante ans, ce chirurgien habitué au sang et aux corps blessés, a pleuré comme le petit garçon qu'il avait été. Longtemps.

Les jambes de sa grand-mère, brûlées sous ses yeux d'enfant.
Cinquante ans plus tard, ses propres jambes qui perdaient leur force.
Je ne vous impose pas ce lien. Je ne le lui ai pas imposé non plus. C'est lui qui l'a fait, en ouvrant les yeux.
Je sais ce que vous pensez, et vous avez raison d'y penser : et si c'était un faux souvenir ? C'est une question sérieuse, et je l'ai abordée récemment dans un article sur l'hypnose et les faux souvenirs. Ce qui émerge en séance n'est jamais une preuve en soi.
Alors voici le point qui compte : ce souvenir a été vérifié. Ce qu'il avait revu en séance avait bien eu lieu. Son esprit l'avait effacé pour que l'enfant puisse continuer à vivre. Son corps, lui, s'en souvenait encore.
Et sa force est revenue
Quand il a su ce qui lui était arrivé à quatre ans, quand il a pu le comprendre et le replacer dans son histoire, il a retrouvé ses muscles et sa force.

Ce n'est pas l'hypnose qui a reconstruit ses muscles. C'est ce qu'elle lui a permis de comprendre.
Un chirurgien du rachis, formé à la médecine la plus rigoureuse, a vécu dans son propre corps ce que beaucoup jugent impossible : une scène oubliée depuis un demi-siècle qui pèse sur la santé physique, et qui cesse de peser une fois reconnue et pleurée.
Il n'est pas le seul : la marque sur la cuisse d'Yvan
Une autre histoire m'est revenue en écrivant celle-ci. Celle d'Yvan, qui a accepté que sa séance soit partagée sur ma chaîne YouTube.
Yvan est venu pour un symptôme étrange et tenace : une marque sèche, parfaitement délimitée, sur sa cuisse droite, qui réagissait vivement au contact de l'eau. Nous avons travaillé en hypnose régressive quantique.
Pendant la transe, son corps s'est exprimé avant les mots : un rejet instinctif de l'eau, des sensations brûlantes, une odeur de bois consumé, une tension intérieure. Puis une mémoire a émergé : un petit garçon de trois ou quatre ans, seul dans la nuit, parmi des baraquements entourés de barbelés. Des chiens enchaînés. Une odeur d'hydrocarbure. Et la tristesse écrasante d'un enfant abandonné, prisonnier d'un lieu où l'on porte un numéro.
Encore un enfant de quatre ans. Encore le feu.
Encore une trace laissée sur le corps.
Voici le message qu'il m'a envoyé quelques jours après :
Le message d'Yvan
« Par ailleurs, juste pour info, ça va bien depuis la séance. Un peu à plat juste après, ça m'a pris pas mal d'énergie. Mais en même temps libérateur. La plaque sur ma peau a disparu dans l'après-midi de la séance. Cette semaine, gros mal de dos dont je n'arrive pas à me débarrasser. Tri et réalignement en cours. »
Ce retour reflète son expérience personnelle. Chaque parcours est unique, et aucun résultat ne peut être généralisé.
Je vous le livre tel quel, avec la fatigue et le mal de dos qui ont suivi. Une séance profonde remue, et je préfère vous le dire. La différence avec l'histoire du chirurgien, c'est que la mémoire d'Yvan ne peut pas être vérifiée de la même façon. Ce qui, en revanche, s'est vu de l'extérieur, c'est cette plaque, présente depuis longtemps, et disparue le jour même.
Ce que ces cas montrent, et ce qu'ils ne prouvent pas
Soyons honnêtes, puisque c'est à des sceptiques que je m'adresse. Deux cas ne font pas une étude. Je ne prétends pas que l'hypnose guérit l'atrophie musculaire, ni que chaque symptôme cache un souvenir d'enfance. Ce serait faux, et ce serait dangereux.
Ce que ces histoires montrent, en revanche, c'est que le corps et l'histoire d'une personne ne sont pas deux dossiers séparés. Et sur ce point, la recherche n'a pas attendu mes patients :
- En 2015, à la demande de la Direction générale de la santé, l'Inserm a analysé 52 essais cliniques. Conclusion : l'hypnose est efficace en complément des sédatifs et des antalgiques au bloc opératoire, et elle réduit les symptômes du syndrome de l'intestin irritable.
- En 2016, une étude de l'université Stanford menée sur 57 personnes a montré, par imagerie cérébrale, que l'état d'hypnose modifie l'activité et les connexions de trois zones précises du cerveau. Ce n'est pas une impression : cela se mesure.
- La psychoneuroimmunologie étudie depuis des décennies les liens entre émotions, cerveau et système immunitaire. J'en parle dans mon article sur la psychoneuroimmunologie.
« C'est un moyen très puissant de changer la façon dont nous utilisons notre esprit pour contrôler la perception et notre corps. »
David Spiegel, psychiatre, université Stanford
Ce que l'hypnose n'est pas
Si vous êtes sceptique, c'est peut-être que l'on vous a présenté l'hypnose sous un jour qui n'a rien à voir avec ce qui se passe en séance. Alors, pour être clair :
- Ce n'est pas du sommeil : vous restez conscient et vous vous souvenez de tout.
- Ce n'est pas une prise de contrôle : personne ne vous fait faire ce que vous ne voulez pas.
- Ce n'est pas une chasse aux souvenirs : on part de ce que vous ressentez, pas d'une histoire inventée pour vous.
- Ce n'est pas un remplacement de la médecine : c'est un travail complémentaire, qui ne remplace ni un diagnostic ni un traitement.
Vous voulez en savoir plus avant de vous faire une opinion ? J'ai réuni plus de 200 réponses dans mon guide de l'hypnose, dont une partie consacrée à la sécurité en hypnose.
Votre corps vous envoie un signal que personne n'arrive à expliquer ?
Parlons-en simplement, sans promesse et sans interprétation plaquée.
Questions fréquentes
L'hypnose est-elle reconnue scientifiquement ?
Son efficacité est démontrée dans certains domaines. En 2015, l'Inserm a conclu, après l'analyse de 52 essais cliniques, qu'elle est efficace en complément de l'anesthésie au bloc opératoire et contre les symptômes du syndrome de l'intestin irritable. L'imagerie cérébrale montre aussi que l'état d'hypnose modifie l'activité de plusieurs zones du cerveau.
Un événement oublié peut-il avoir des effets sur le corps des années plus tard ?
C'est ce que ce cas suggère, et c'est l'un des champs étudiés par la psychoneuroimmunologie, qui explore les liens entre émotions, cerveau et santé physique. Mais un cas n'est pas une règle : tous les symptômes ne cachent pas un souvenir, et personne ne devrait décider à votre place de ce que le vôtre signifie.
Un traumatisme ancien peut-il laisser une trace visible sur le corps ?
C'est la question que posent les histoires de cet article : des jambes qui perdent leur force, une marque sur la peau qui disparaît le jour d'une séance. Je ne peux pas l'affirmer comme une règle, et chaque parcours est unique. Mais ces cas invitent à ne pas séparer le corps de l'histoire de la personne.
L'hypnose peut-elle remplacer un traitement médical ?
Non. L'hypnose est un travail complémentaire. Elle ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi, ni un traitement médical. Le médecin de cette histoire le savait mieux que quiconque.
Combien de séances faut-il ?
Cela dépend de chaque personne et de ce qui l'amène. Dans ce cas précis, trois séances d'une heure ont suffi. D'autres situations demandent un accompagnement plus long, comme La Traversée, en cinq séances.
Et si votre corps savait déjà ce que votre mémoire a oublié ?
Deux façons de commencer : une séance individuelle pour explorer un point précis, ou un accompagnement plus soutenu avec La Traversée. En cabinet près de Strasbourg ou de Lisieux, ou en visio.
Sources
- Inserm (2015). Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, rapport réalisé à la demande de la Direction générale de la santé. Présentation : Vidal, « Rapport de l'Inserm : l'hypnose efficace dans le cadre de l'antalgie et du syndrome du côlon irritable ».
- Jiang, H., White, M. P., Greicius, M. D., Waelde, L. C. et Spiegel, D. (2016). Brain activity and functional connectivity associated with hypnosis. Cerebral Cortex. Présentation : Stanford Medicine, juillet 2016.
Sandrine Gauthier
Hypnose humaniste, en cabinet et en visio

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Sandrine Gauthier, praticienne certifiée en hypnose humaniste et régressive quantique (QHHT), certifiée IFHE depuis 2015. Plus de dix ans de pratique, à Strasbourg et en visioconférence.
