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Quand les traumatismes nous coupent de nous-mêmes

Retrouver ses émotions, ses besoins et ce qui compte profondément.

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Quand les traumatismes
nous coupent de nous-mêmes

Retrouver ses émotions, ses besoins et ce qui compte profondément.

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Comprendre ses émotions et ses besoins : ce qu’elles essaient de nous dire

Émotions et besoins

Et si vous ne saviez plus vraiment
ce que vous ressentez ?

Nous avons des dizaines de mots pour parler de ce qui se passe en nous. Pourtant, lorsqu’il faut dire ce que l’on ressent vraiment, les mots viennent parfois beaucoup moins facilement.

« Qu’est-ce que vous ressentez ? »
Une question toute simple. En apparence.

Je suis retombée récemment sur deux listes que je connaissais bien : l’une consacrée aux émotions, l’autre aux besoins.

Je les avais découvertes dans le cadre de ma formation à la Communication NonViolente . Et en les parcourant à nouveau, quelque chose m’a frappée.

Il y a énormément de mots sur ces feuilles.

Des mots que nous utilisons si peu

Ce que je ressens

  • apaisé
  • soulagé
  • vivant
  • serein
  • enthousiaste
  • touché
  • confiant
  • vulnérable
  • confus
  • inquiet
  • frustré
  • déçu
  • triste
  • seul
  • impuissant
  • en colère

Ce dont j’ai besoin

  • sécurité
  • repos
  • liberté
  • reconnaissance
  • considération
  • soutien
  • compréhension
  • appartenance
  • intimité
  • autonomie
  • tendresse
  • respect
  • espace
  • sens
  • être entendu
  • être rassuré

Rien que pour dire ce que l’on ressent : serein, soulagé, confus, découragé, vulnérable, méfiant, bouleversé, impatient, vivant, enthousiaste…

Et je me suis demandée combien de ces mots nous utilisions réellement.

Parce que dans la vie, quand je demande à quelqu’un ce qu’il ressent, j’entends beaucoup plus souvent : « Je ne sais pas. » Ou « ça ne va pas ». Ou simplement « je suis stressé·e ».

Parfois, on me raconte plutôt ce qui s’est passé. Ce que l’autre a dit. Ce qu’il aurait dû faire. Pourquoi c’est injuste. Pourquoi on en est arrivé là.

Mais dire ce qui se passe réellement à l’intérieur, c’est une autre histoire.

Nous pouvons passer des années à essayer d’aller mieux
sans toujours savoir précisément ce qui,
en nous, va mal.

On ne nous a pas forcément appris à reconnaître ce que l’on ressent

Quand on est enfant, on ressent tout.

La peur, la honte, la jalousie, la colère, la tristesse, l’excitation, la frustration, l’injustice… Mais ressentir quelque chose ne veut pas dire savoir le nommer.

Et surtout, cela ne veut pas dire que l’adulte en face de nous va nous aider à mettre le bon mot dessus.

« Ce n’est rien. »

« Arrête de pleurer. »

« Il n’y a pas de quoi avoir peur. »

« Ne te mets pas dans des états pareils. »

« Tu exagères. »

Ces phrases ne sont pas toujours dites avec de mauvaises intentions. Souvent, l’adulte essaie simplement de calmer, de rassurer, de faire cesser une scène qu’il ne sait pas lui-même accompagner. Ces manières de faire se transmettent d’ailleurs d’une génération à l’autre, au même titre que d’autres mémoires familiales .

Mais pour l’enfant, le message peut devenir autre chose : ce que je ressens n’a peut-être pas de sens.

Ou encore : je ressens quelque chose, mais on me dit que je ne devrais pas le ressentir.

À force d’entendre ce que nous devrions ressentir,
nous pouvons finir par ne plus savoir très bien
ce que nous ressentons réellement.

Alors on apprend à s’adapter.

On devient raisonnable. On minimise. On explique. On rationalise. On dit « ça va » parce que c’est plus simple.

Et parfois, des années plus tard, quand je demande en séance : « Qu’est-ce que vous ressentez, là, maintenant ? » la réponse ne vient pas.

Ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien.

C’est parfois exactement l’inverse.

Quand le corps sait avant les mots

Il y a des personnes qui ne savent pas dire si elles sont tristes, en colère, inquiètes ou blessées. En revanche, elles savent très bien me dire : « j’ai la gorge serrée », « j’ai quelque chose sur la poitrine », « j’ai le ventre noué », « je sens que ça monte ».

Le corps donne alors une information que les mots n’ont pas encore rejointe.

Et je trouve cela important, parce qu’on croit souvent qu’il faut immédiatement avoir une réponse claire. Ce n’est pas le cas.

Parfois, la première étape consiste simplement à rester un instant avec cette sensation et à arrêter de vouloir l’expliquer trop vite.

Avant de chercher pourquoi,
il faut parfois commencer par reconnaître ce qui est là.

« Je suis en colère »… oui, mais encore ?

Même lorsqu’on arrive à mettre un mot sur ce que l’on ressent, ce mot ne raconte pas forcément toute l’histoire.

Prenons la colère.

Deux personnes peuvent dire exactement la même chose : « Je suis en colère. » Pourtant, ce qui se passe derrière peut être très différent.

  • L’une peut s’être sentie trahie.
  • L’autre peut s’être sentie humiliée.
  • Une autre encore peut avoir vécu une situation comme profondément injuste.
  • Et parfois, derrière la colère, il y a surtout une peur que l’on n’a pas reconnue.

C’est pour cela que nommer une émotion ne suffit pas toujours. Il faut parfois aller un peu plus loin et se demander : qu’est-ce qui a été touché chez moi ?

Ce que nous ressentons n’est pas toujours le problème.

Le problème, c’est parfois de ne pas savoir ce que cette émotion vient réveiller.

C’est là que la seconde liste devient intéressante.

Parce qu’au-delà de l’émotion, il y a souvent quelque chose que nous cherchons à protéger, à retrouver ou à préserver : un sentiment de sécurité, de reconnaissance, de liberté, d’appartenance, d’écoute, de respect, d’intimité…

Besoin ou solution ?

C’est aussi là que les choses se compliquent.

Nous appelons souvent « besoin » quelque chose qui est en réalité une solution très précise que nous attendons de quelqu’un d’autre.

  • « J’ai besoin qu’il m’appelle. »
  • « J’ai besoin qu’elle reconnaisse qu’elle a eu tort. »
  • « J’ai besoin qu’il revienne. »
  • « J’ai besoin qu’on me laisse tranquille. »

Derrière ces phrases, il peut pourtant y avoir autre chose : un besoin d’être rassuré, entendu, reconnu, respecté, soutenu ou simplement de retrouver un peu de sécurité.

Entre « j’ai besoin qu’il me réponde »
et « j’ai besoin d’être rassuré·e »,
ce n’est pas tout à fait la même histoire.

Dans le premier cas, tout semble dépendre de l’autre.

Dans le second, quelque chose commence à devenir plus clair : je comprends ce qui est réellement touché chez moi.

Et c’est souvent à partir de là que l’on peut commencer à regarder ce qui se joue vraiment, plutôt que de rester uniquement accroché à ce que l’autre devrait faire ou ne pas faire.

Ce que j’observe en séance

Il arrive souvent qu’une personne commence par me raconter les faits.

Ce qui s’est passé. Ce que l’autre a dit. Ce qu’elle a répondu. Ce qu’elle aurait voulu répondre. Ce qu’elle ne comprend toujours pas.

Et tout cela est utile. Mais ce n’est pas toujours là que se trouve le plus important.

« Je sais exactement ce qui s’est passé. »

« Je comprends très bien pourquoi. »

« Mais je ne comprends pas pourquoi ça me fait encore autant réagir. »

C’est une phrase que j’entends souvent.

La tête a compris. Elle a parfois compris depuis longtemps. Pourtant, quelque chose continue à se tendre, à se fermer, à avoir peur, à se mettre en colère ou à attendre.

C’est là que le travail devient intéressant.

Quand comprendre ne suffit plus

On peut avoir énormément réfléchi à une situation et continuer malgré tout à réagir de la même manière.

Parce qu’entre savoir quelque chose et le sentir autrement, il y a parfois un écart immense.

On peut avoir compris son histoire
sans avoir encore cessé de la revivre.

Si vous vous reconnaissez dans cette phrase, c’est souvent le moment où un accompagnement devient utile. Nous pouvons en parler avant toute chose, simplement.

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Dans mon travail, l’hypnose ne sert pas à dire à quelqu’un ce qu’il devrait ressentir.

Elle permet plutôt de ralentir ce commentaire permanent qui cherche immédiatement une explication, une justification, une solution ou une réponse.

Et lorsque ce commentaire prend un peu moins de place, autre chose peut apparaître : une sensation, une image, un souvenir, une émotion que l’on n’avait pas reconnue, parfois même un besoin très simple que l’on avait complètement perdu de vue.

Ce n’est pas toujours spectaculaire.

Parfois, c’est simplement : « En fait, je suis triste. »

Ou : « En fait, j’ai eu peur. »

Ou encore : « Je croyais que j’étais en colère, mais je me suis surtout senti rejeté·e. »

Retrouver ce qui était passé derrière

Il y a aussi des émotions que l’on a appris à remplacer par d’autres.

La colère peut être plus facile à montrer que la peine. L’indifférence peut protéger d’une peur. L’humour peut éviter d’avoir à dire que quelque chose a profondément blessé.

Je ne cherche pas à imposer une lecture toute faite. Une émotion n’a pas une signification universelle. Ce qui compte, c’est ce qu’elle raconte pour la personne qui la ressent.

La bonne question n’est pas :
« Que signifie cette émotion ? »

Mais : « Que signifie-t-elle pour moi ? »

C’est aussi pour cette raison que le travail sur les besoins me paraît précieux.

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de savoir si l’on est triste, inquiet ou en colère. Il s’agit aussi de comprendre ce qui compte tellement que son absence nous bouleverse.

Être respecté. Être entendu. Se sentir en sécurité. Être libre. Avoir sa place. Pouvoir dire non. Pouvoir se reposer. Être aimé sans devoir se transformer pour l’être.

Une émotion peut faire beaucoup de bruit.
Le besoin derrière elle parle souvent beaucoup plus bas.

Là, maintenant, qu’est-ce que vous ressentez ?

Vous pouvez faire l’expérience tout de suite.

Pas besoin de fermer les yeux, de méditer pendant vingt minutes ou de chercher quelque chose de particulièrement profond.

Arrêtez simplement votre lecture quelques secondes.

Là, maintenant,
qu’est-ce que vous ressentez ?

Essayez de ne pas répondre « bien », « mal », « ça va », « je suis fatigué » ou « je suis stressé ».

Cherchez un peu plus précisément.

  • Qu’est-ce que je ressens ?
    De la joie, de l’inquiétude, de la tristesse, de l’agacement, du soulagement, de la peur, de l’enthousiasme, de la solitude, de la confusion…
  • Où est-ce que je le sens ?
    Dans la gorge, le ventre, la poitrine, les épaules ? Est-ce que ça serre, ça pèse, ça chauffe, ça remue ?
  • Qu’est-ce qui est important pour moi, derrière ?
    De la sécurité ? Du respect ? Du repos ? De la liberté ? De la reconnaissance ? De la proximité ? De l’espace ?
  • De quoi ai-je besoin, réellement ?
    Pas ce que quelqu’un d’autre devrait faire pour moi. Ce dont j’ai besoin, moi.

« J’ai besoin qu’elle s’excuse » n’est pas tout à fait la même chose que « j’ai besoin que ce que j’ai vécu soit reconnu ».

La différence peut sembler minuscule. Elle ne l’est pas.

Dans la première formulation, la réponse se trouve entièrement entre les mains de quelqu’un d’autre. Dans la seconde, je commence à comprendre ce qui se passe en moi.

Cela ne veut évidemment pas dire qu’il faut tout accepter, renoncer à demander quelque chose ou se débrouiller seul avec tous ses besoins.

Cela veut simplement dire que je sais enfin ce que je suis en train de défendre.

Et si vous ne trouvez pas ?

Alors ne forcez pas.

C’est peut-être même la partie la plus importante de cet article.

Si vous avez passé vingt, trente ou cinquante ans à ne pas prêter attention à ce qui se passe à l’intérieur de vous, une liste de vocabulaire ne va pas soudainement tout résoudre.

Et il n’y a aucun examen à réussir.

Vous pouvez très bien ne pas savoir. Vous pouvez hésiter entre plusieurs mots. Vous pouvez seulement sentir une boule dans le ventre sans avoir la moindre idée de ce qu’elle raconte.

« Je ne sais pas encore »
est déjà beaucoup plus précis que « il n’y a rien ».

Les listes d’émotions et de besoins ne sont donc pas, à mes yeux, des modes d’emploi.

Je les vois plutôt comme un vocabulaire que l’on remet à disposition. Des mots que l’on peut essayer, écarter, reprendre, jusqu’à ce que l’un d’eux sonne juste.

Et parfois, mettre enfin le bon mot sur quelque chose que l’on porte depuis longtemps produit un drôle d’effet.

Non pas parce que le problème disparaît.

Mais parce que, pour une fois, on sait ce qui nous arrive.

On ne peut pas toujours changer immédiatement
ce que l’on vit.
Mais on peut commencer par ne plus se perdre
dans ce que l’on ressent.

Mettre un mot, ce n’est pas mettre une étiquette

Je suis donc retombée sur ces deux listes. Et finalement, ce qui m’a intéressée n’est pas tellement le nombre de mots qu’elles contiennent.

C’est le nombre de mots que nous n’utilisons pas.

Nous disons que nous sommes stressés alors que nous sommes peut-être inquiets, dépassés, vulnérables ou découragés.

Nous disons que nous sommes en colère alors que quelque chose nous a blessés, effrayés ou profondément déçus.

Nous disons que « ça ne va pas » sans toujours savoir si nous avons besoin de repos, de sécurité, de reconnaissance, de liberté, de soutien ou simplement d’être entendus.

Trouver le mot juste ne fait pas disparaître ce que l’on ressent.

Mais cela évite parfois de se battre contre quelque chose que l’on n’a même pas encore identifié.

Et surtout, une émotion n’est pas un défaut à corriger.

La colère, la peur, la tristesse, la jalousie ou la frustration ne disent pas que quelque chose ne va pas chez vous. Elles disent qu’il se passe quelque chose.

Ensuite seulement vient la question qui m’intéresse vraiment : quoi ?

Peut-être que mieux se connaître commence simplement là :
avoir assez de mots pour ne plus répondre
« je ne sais pas » à soi-même.

Sandrine Gauthier

Hypnose humaniste et régressive quantique

Questions fréquentes

Pourquoi est-il parfois si difficile de savoir ce que l’on ressent ?

Parce que ressentir et savoir nommer ce que l’on ressent sont deux choses différentes. Nous pouvons percevoir une tension, une boule dans le ventre, une envie de pleurer ou une agitation sans savoir immédiatement s’il s’agit de peur, de tristesse, de colère, de frustration ou d’autre chose. Notre vocabulaire émotionnel peut aussi être beaucoup plus réduit que la diversité de ce que nous éprouvons.

Comment identifier plus précisément une émotion ?

On peut commencer par ralentir et observer ce qui est présent, sans chercher immédiatement à l’expliquer. Quel mot se rapproche le plus de ce que je ressens ? Où est-ce que je le sens dans mon corps ? Qu’est-ce qui vient de se passer ? Plusieurs mots peuvent être nécessaires, et « je ne sais pas encore » reste une réponse parfaitement valable.

Quelle est la différence entre une émotion et un besoin ?

L’émotion décrit ce que je ressens : je peux être triste, inquiet, soulagé, frustré ou enthousiaste. Le besoin désigne ce qui compte pour moi dans cette situation : sécurité, repos, liberté, reconnaissance, lien, respect, autonomie… Identifier l’un peut aider à mieux comprendre l’autre, sans pour autant établir une correspondance automatique entre une émotion et un besoin précis.

Peut-on ressentir une émotion sans savoir pourquoi ?

Oui. Il arrive que la sensation ou l’émotion soit très présente alors que son origine ne l’est pas. Vouloir absolument trouver une explication immédiatement n’est pas toujours utile. On peut commencer par reconnaître ce qui est là, puis chercher progressivement ce qui l’a déclenché ou ce que cette réaction vient toucher.

L’hypnose peut-elle aider à mieux comprendre ses émotions ?

L’hypnose peut offrir un cadre pour porter autrement son attention sur les sensations, les émotions, les images ou les souvenirs associés à une situation. Dans ma pratique, il ne s’agit pas de décider à la place de la personne ce que signifie une émotion, mais de l’accompagner dans l’exploration de ce qu’elle représente pour elle.

Et vous ?

Vous savez ce qui s’est passé.
Mais pas pourquoi cela vous touche autant.

C’est précisément là que nous pouvons travailler ensemble : non pas pour vous apprendre ce que vous devriez ressentir, mais pour aller voir ce qui se joue réellement derrière ce qui revient, résiste ou vous dépasse.

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